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Truffaut, Resnais, Lynch, Dolan : pourquoi Netflix est devenu cinéphile

Netflix cinéphile

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En partenariat avec MK2, Netflix France met à disposition de ses 7 millions d’abonnés des grands classiques, dont douze films de François Truffaut dès ce 24 avril 2020. Une prise de prestige… ou un changement stratégique de la plateforme jusqu’ici peu portée sur l’histoire du cinéma et ses pépites.

Sonnez, trompettes, battez, tambours, les classiques du cinéma arrivent en force sur Netflix ! Jusque-là plus connue pour ses séries multilingues et son offre cinéma tous azimuts (et globalement médiocre) que pour ses grands films d’auteur, la plateforme vient d’acquérir cinquante titres prestigieux issus du catalogue MK2 Films.

Jugez plutôt : après l’arrivée hier de Mon oncle d’Amérique, d’Alain Resnais, débarquent ce vendredi douze films de François Truffaut dont les iconiques Jules et Jim, Les 400 Coups, La Femme d’à côté et Le Dernier Métro. Ils seront suivis début mai par neuf Charles Chaplin (Les Temps modernes, La Ruée vers l’or, Le Dictateur…), lesquels précéderont trois David Lynch et une ribambelle de Jacques Demy, Peau d’âne et Les Demoiselles de Rochefort en tête. Des quasi-intégrales ou des collections substantielles donc, qu’enrichiront plus tard des titres de Xavier Dolan, Krzysztof Kieslowski, Emir Kusturica ou Michael Haneke. Cette scintillante série d’appâts à cinéphiles s’égrénera ainsi jusqu’à la fin de l’année.

Premier réflexe : se réjouir de l’exposition massive de ces chefs-d’œuvre désormais à la disposition d’un public qui n’a jamais entendu parler d’Antoine Doinel ni du cake d’amour. Deuxième réflexe : se demander pourquoi Netflix opère ce virage. Après tout, la société a toujours dit qu’elle répondait à la logique de la demande et non, comme le cinéma en salles, à une politique de l’offre. Encore récemment, son big boss, Ted Sarandos, affirmait que les films de patrimoine n’avaient pas leur place sur sa plateforme.

Une spécificité hexagonale

Mais peut-on vraiment parler de virage ? « C’est plutôt une évolution naturelle qui va dans le sens de la diversification de l’offre », corrige Sara May, responsable des acquisitions films chez Netflix France et Italie. Et de citer les films d’auteur produits et/ou diffusés ces dernières années sur la plateforme, de The Irishman, de Martin Scorsese, à Marriage Story, de Noah Baumbach, en passant par Roma, d’Alfonso Cuarón. La volonté de Netflix de monter en gamme tout en continuant à parier sur le tout-venant ne tombe pas du ciel. En témoigne aussi l’acquisition récente d’une vingtaine d’œuvres du studio d’animation nippon Ghibli, dont celles du grand Miyazaki.

La nature même de ce « partenariat » Netflix-MK2 semble elle aussi indiquer davantage un pas de côté mesuré qu’une révolution copernicienne. Valable pour un an renouvelable, le deal concerne « uniquement » Netflix France et ses 7 millions d’abonnés. Une spécificité hexagonale qui n’a pas empêché les grands médias américains de reprendre comme un seul homme l’annonce du deal par Le Parisien. « Le grand orchestre est de sortie, constate Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte France, qui diffuse régulièrement les films de répertoire acquis par Netflix. Il a beau s’agir d’un nombre de titres limité, sur un territoire limité pour un temps limité, la communication autour de cet “événement” est, elle, illimitée. » Dans ce contexte de montée en puissance du streaming, renforcée depuis mi-mars par le confinement, et de guerre des plateformes (Disney+ vient de se lancer en France), le moindre geste inhabituel des géants est surveillé (et commenté) comme le lait sur le feu.

Si Nathanaël Karmitz, directeur général de MK2, envisage ce partenariat comme le point de départ d’une collaboration plus vaste, il a paradoxalement tendance à minimiser le caractère événementiel de l’opération : « Ce qu’on a vendu à Netflix, ce sont des droits de diffusion temporaires, comme on le fait toute l’année, partout dans le monde et sur différents supports. Les films de Truffaut, Demy et les autres continueront à être diffusés gratuitement à la télé et proposés à la vente ou à la location sur des plateformes VOD comme La Cinetek. »

Coincé entre “Shrek2” et L’Amour sans préavis”

Et si, malgré les réserves de certains, ce mariage inédit permettait demain à des ados de découvrir La Baie des anges entre deux épisodes de La casa de papel ? D’autant que Netflix ne fait que profiter d’une situation qu’il n’a pas créée : Arte mis à part, le service public a progressivement abandonné le terrain de la transmission cinéphilique. « On sait bien que les détenteurs de catalogue ont de plus en plus de mal à vendre ce type de films aux grandes chaînes de télé », analyse Jean-Baptiste Viaud, délégué général de La Cinetek, plateforme cinéphile « consacrée aux plus grands films du XXe siècle ». « Dans ce contexte, le partenariat de Netflix et MK2 n’est sans doute pas le dernier du genre. »

Évidemment, du côté de ces curateurs d’exception que sont La Cinetek et Arte, on ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée du géant sur leurs plates-bandes. Mais l’heure est plutôt à l’observation. « On ne peut jamais regretter que de telles œuvres soient largement exposées, estime Bruno Patino, chez Arte. Est-ce que cela nous fragilise ? On verra. J’ai quand même tendance à penser que ce sont deux expériences différentes. D’un côté, la présence brute et minime de ces films sur une plateforme à l’offre surabondante, de l’autre, leur présence contextualisée et éditorialisée sur une chaîne et un site,arte.tv, qui leur ont toujours été fidèles. »

Même son de cloche du côté de Jean-Baptiste Viaud : « Tant mieux si les films de Truffaut ou Demy peuvent toucher le plus grand nombre via Netflix, mais je crois plutôt qu’ils vont vite se retrouver torpillés par les algorithmes. » Et d’imaginer Le Dernier Métro entre une série indienne improbable et L’Île de la tentation… Fantasme de sceptiques ? Pas tant que ça. Depuis hier et l’arrivée de Mon oncle d’Amérique sur la plateforme, le film d’Alain Resnais est coincé entre Shrek 2 et L’Amour sans préavis, avec Sandra Bullock.

Chez Netflix, nous dit-on, il n’est pourtant pas question de « traiter ces titres comme de vulgaires films de catalogue ». Mais il n’est pas non plus dans l’ADN de la plateforme de proposer des suppléments et des bonus autour des œuvres. « Nous sommes axés sur le contenu pur, indique Sara May, qui revendique toutefois un rôle prescripteur sur les réseaux sociaux (sur Twitter, le hashtag #NetflixConseilleMoi prodigue conseils et propositions aux abonnés). On n’utilise pas d’autres outils que le film ou la série pour atteindre nos membres. »

“Le ciné de patrimoine, plus on en parle, plus il est vu et diffusé.” Nathanaël Karmitz, directeur de MK2

Reste la question du désir… En 2018, dans un article des Échos intitulé « De la difficulté à créer un Netflix pour cinéphiles », Manuel Alduy, un ancien de Canal+ désormais responsable marketing de Disney en Europe et en Afrique, expliquait : « Ce n’est pas spécifique aux films d’auteur mais c’est vrai de tous les films de catalogue […] : il faut savoir gérer une certaine rareté. Si vous mettez un film à disposition de 130 millions de foyers pendant deux ans, plus personne n’en aura envie. » En tant qu’abonnée Netflix, si je peux (re)voir autant de fois que je le souhaite Les Deux Anglaises et le continent ou Eraserhead, aurais-je encore l’envie de les (re)découvrir à l’occasion sur grand écran ?

Pour Nathanaël Karmitz, ce n’est pas un problème, bien au contraire : « On constate un effet d’entraînement sur le ciné de patrimoine. Plus on en parle, plus il est vu et diffusé. Sa présence sur Netflix peut même contribuer à convaincre les chaînes de télé que ces titres sont potentiellement des événements grand public et fédérateurs. » Surexploitation, banalisation ? « Ces films ont traversé les décennies, ce n’est certainement pas Netflix qui va les faire disparaître, abonde Sara May. En proposant des collections sur des périodes courtes et renouvelables, on ne s’accapare pas le patrimoine français. On n’est qu’un relais en plus au service de cet héritage. »

Reste à savoir si la plateforme appliquera aux œuvres de Demy et de Kieslowski les règles de performance auxquelles le reste de son offre est soumis. « Peu importe leur audience, assure Sara May. Je ne crois pas qu’on s’arrête là ; on pourrait même imaginer étendre notre collaboration avec MK2 au-delà du territoire français. »

En attendant de savoir si la cinéphilie « à la française » (à prononcer avec l’accent de Los Angeles) est soluble dans le bouillon Netflix, la multinationale pourra toujours se prévaloir des Truffaut et consorts lorsqu’elle devra (bientôt ?) respecter un quota de diffusion de 30 % d’œuvres européennes. L’occasion de vérifier le vieil adage : c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.

Source : Mathilde Blottière – Télérama – 24 avril 2020

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Oscars 2021 : Chloé Zhao sacrée meilleure réalisatrice avec son road movie “Nomadland”

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Avant Chloé Zhao, seule une femme avait remporté le trophée du meilleur long-métrage : Kathryn Bigelow pour “Démineurs”. La cinéaste chinoise a suivi les traces de sa devancière, décrochant, comme elle, l’Oscar suprême du meilleur long-métrage ce 25 avril.

La cinéaste chinoise Chloé Zhao, dont les films s’attachent à dépeindre la vie quotidienne des habitants modestes des grands espaces américains, est devenue le 25 avril 2021 la seconde femme à être sacrée meilleure réalisatrice par l’académie des Oscars.

C’est avec Nomadland, un road-movie semi-fictionnel, que l’artiste de 39 ans a conquis le jury des Oscars. Déjà primé à de multiples reprises dans le monde et grand favori de cette saison des prix à Hollywood, Nomadland suit une communauté d’Américains âgés vivant dans des camionnettes, laissés pour compte par la crise économique et qui se forgent tant bien que mal une nouvelle vie dans l’Ouest américain.

En recevant le trophée du meilleur film, la metteuse en scène a remercié ces nomades qui n’étaient pas des acteurs professionnels et qu’elle a convaincus de jouer dans son film. “Merci de nous avoir appris le pouvoir de la résilience, de l’espoir et de nous avoir rappelé ce qu’est la vraie bonté.”

Née Zhao Ting à Pékin, fille d’un riche homme d’affaires chinois, la réalisatrice a quitté la Chine alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente, pour un pensionnat britannique puis des études supérieures à Los Angeles et à New York. Chloé Zhao ne s’est pourtant pas prise d’affection pour ces villes démesurées mais pour les grands espaces américains comme le Dakota du Sud ou le Nebraska, des zones isolées et peu peuplées qui ont une place de choix dans les longs plans de Nomadland. C’est lorsqu’elle étudiait le cinéma à New York que la jeune femme a découvert par hasard des images des terres traditionnelles des Sioux Lakota. Déracinée, et partant du principe qu’elle ne parviendrait pas à réaliser de meilleurs films sur New York que “ceux qui avaient déjà été faits”, Chloé Zhao avait décidé de mettre “cap à l’ouest”.

Pour son premier long-métrage, Les Chansons que mes frères m’ont apprises, qui met en scène un jeune homme rêvant de quitter la réserve indienne de Pine Ridge, elle a passé des mois en immersion dans cette région reculée, peu connue des Américains eux-mêmes. Le film avait été remarqué lors de divers festivals, à Sundance ou Cannes mais ce n’est que deux ans plus tard avec The Rider, un autre film aux saveurs “western” tourné dans la région de Pine Ridge, que la cinéaste éclate réellement.

Se”construire un monde”

Dans ces deux films, Chloé Zhao met à l’écran des acteurs amateurs qui jouent une version d’eux-mêmes. Elle estime que ce processus lui était nécessaire à ses débuts, lorsqu’elle était encore inconnue et sans moyens, mais que cela lui a permis de se “construire un monde”. The Rider a ainsi été imaginé après que la réalisatrice eut rencontré un cow-boy qui refusait de renoncer aux rodéos malgré une grave blessure.

Dans Nomadland, tiré d’un livre de Jessica Bruder sur des individus et des faits bien réels, la plupart des personnages interprètent leur propre rôle. Mais Chloé Zhao y dirige également la star oscarisée Frances McDormand, qui a décroché sa troisième statuette.

Une expérience qui pourrait être utile à la réalisatrice dont le dernier projet, Eternals, est un film de super-héros Marvel avec superstars et super-budget. “Le saut financier entre The Rider et Nomadland, c’est comme le saut entre Nomadland et Eternals”, a dit Chloé Zhao à propos du film qui réunira cette année à l’écran Angelina Jolie et Salma Hayek. L’un des clefs du succès commercial d’Eternals sera la Chine, où Avengers : Endgame, l’un des précédents volets de la saga Marvel, a récolté 630 millions de dollars.

Des relations compliquées avec sa patrie d’origine

Les premiers succès de la réalisatrice lui avaient d’abord attiré des éloges dans son pays natal, où elle avait été qualifiée de “fierté” nationale. Mais des propos lui étant attribués dans un magazine américain datant de 2013, où elle semblait critiquer son pays d’origine, avaient ensuite refait surface. Elle est depuis lors la cible de critiques de certains nationalistes qui l’ont qualifiée de “traîtresse”

La réalisatrice s’est abstenue de s’exprimer sur cette controverse mais a affirmé récemment qu’elle ne se voyait pas de si tôt faire un long-métrage sur son enfance en Chine, invoquant un manque de maturité. La cinéaste vit pour l’instant à Ojai, petite ville rurale de Californie à 150 km au nord-ouest de Los Angeles, fortement imprégnée de la culture hippie. Elle y vit avec son compagnon, un Britannique lui aussi cinéaste, et deux chiens.

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Netflix s’allie à l’école de cinéma Kourtrajmé pour “favoriser l’égalité des chances”

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La plateforme participera au projet pédagogique de l’établissement fondé en Seine-Saint-Denis par l’association Kourtrajmé.

Netflix investi dans le cinéma français. La plateforme américaine s’allie à l’école de cinéma Kourtrajmé, créée par le réalisateur Ladj Ly – qui avait fait sensation avec Les Misérables – afin de «promouvoir une nouvelle génération de talents dans la création cinématographique et audiovisuelle», annonce le service de streaming dans un communiqué.

Le partenariat, signé pour trois ans, prévoit le financement de trois courts-métrages réalisés par des groupes d’élèves sélectionnés par l’école ainsi que le financement de travaux d’équipement et celui des moyens de transport des étudiants qui ne résident pas à proximité de l’école. «L’envie de créer une école indépendante qui apprenne aux cinéphiles tout l’attirail qui permet de créer un court-métrage a toujours été un projet qui me tenait à cœur» commente le réalisateur multirécompensé pour «Les Misérables» (prix du jury à Cannes, César du meilleur film…).

Netflix va également contribuer au projet pédagogique de cette école gratuite et sans conditions de diplôme, créée en 2018 en Seine-Saint-Denis, en proposant des ateliers d’écriture destinés à développer l’écriture de séries.

La plateforme organisera en outre tables rondes, masterclass, séances de coaching sur l’expression orale et l’exercice du pitch et ses équipes participeront à des jurys. Netflix avait déjà organisé en juin une masterclass pour les élèves de l’école avec le réalisateur américain Spike Lee, Ladj Ly et l’artiste JR (qui pilote une formation à l’art dans cette école).

«Nous sommes fiers de soutenir l’École Kourtrajmé qui est devenue une référence incontournable et s’affirme comme un vivier de talents qui incarnent le cinéma de demain. C’est aussi l’opportunité pour nous de raconter des histoires toujours plus authentiques et originales», se félicite Christopher Mack, directeur en charge des partenariats avec les écoles et la communauté créative chez Netflix.

Netflix multiplie depuis plusieurs mois les partenariats dans la formation aux métiers de l’audiovisuel et du cinéma, et s’est déjà allié à l’école des Gobelins (animation) et à la Fémis.

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Véronique Cayla présidera les Césars

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L’ancienne patronne du CNC et d’Arte prendra la tête des Césars ce mardi 29/09/20. Elle aura comme vice-président le cinéaste Eric Toledano.

Les jeux sont faits. L’élection aura lieu ce mardi, mais il n’y a qu’une seule candidate à la présidence des Césars : Véronique Cayla sera donc élue pour prendre la tête de l’association présidée jusqu’en février dernier par Alain Terzian et, depuis sept mois, par la productrice Margaret Menegoz.

Ancienne présidente du Centre National du Cinéma, ex-présidente d’Arte, Véronique Cayla, 70 ans, aura comme vice-président le cinéaste Eric Toledano, coréalisateur avec Olivier Nakache, d’« Intouchables », « Le Sens de la fête » ou « Hors Normes ».

Dans le cadre de la refonte des Césars, les 182 membres de l’assemblée générale nouvellement élus avaient jusqu’à ce dimanche à 12 h pour déposer leur candidature pour le conseil d’administration d’une part et la présidence d’autre part.

Une élection en visioconférence

Pour se présenter, les professionnels du cinéma devaient former un binôme paritaire (un homme/une femme). Seul un binôme – celui formé, donc, par Véronique Cayla et Eric Toledano – figure comme candidat à la présidence. Mardi matin, lors d’une assemblée générale qui se tiendra en visioconférence à cause du contexte sanitaire, le duo prendra donc la tête des Césars.

Pour le conseil d’administration, qui comprendra 22 binômes, 35 binômes se sont présentés. Les membres de l’assemblée générale devront par exemple choisir mardi, dans la catégorie interprètes, entre le tandem Marina Foïs-Antoine Reinartz et Corinne Masiero-Aurélien Recoing ou, dans la branche réalisation, entre les binômes Philippe Claudel-Marie-Castille Mention-Schaar et Pascale Ferran-Cédric Klapisch. Onze binômes sont déjà sûrs d’avoir leur place dans le nouveau conseil d’administration.

Parmi les 18 membres de l’ancienne assemblée générale qui avaient demandé à être automatiquement reconduits (ce qui avait suscité la colère des nouveaux élus), seul un s’est présenté pour rejoindre le conseil d’administration : le producteur Yves Darondeau , qui a remporté l’Oscar du meilleur documentaire pour « La Marche de l’empereur » en 2006.

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